LECTURE SEULE
12/11/24

Synopsis

Anton perçoit les pensées de n’importe qui autour de lui. Ce don est vécu comme une fatalité puisqu’il ne peut échapper au brouhaha de ceux qui l’entourent.

Alors qu’il change de ligne de métro pour rentrer chez lui, il entend une voix intérieure au-dessus des autres. Un homme désespéré, prêt à en finir. Anton va alors sauver la vie d’un inconnu.

Le personnage

Anton a les traits d’un anti-héros. Inapte, oiseau de nuit, il apparaît fatigué, en retrait. Ce jeune trentenaire cherche a se soustraire de son environnement du mieux qu’il peut, car chaque personne qui passe près de lui amène et emporte son monologue interne. Dans une foule, ça en devient étourdissant. Son antidote : la musique. Plus c’est fort, mieux c’est. (cf. bas de page)

Dans les 2 minutes du film, on observe un condensé de la vie d’un personnage avec ce don. La découverte de cette faculté, l’acclimatation, la lassitude, la détresse d’un monde bruyant et enfin la découverte sous un nouvel angle : le pouvoir d’aider.

Dans une rame de métro, Anton ère de pensée en pensée des gens qui l’entourent, avec une attitude assez curieuse. Sorti de la rame, sur le quai et dans les couloirs, il est envahi et oppressé par l’afflux des inconnus qui le frôle. Il essaye tour à tour d’aller plus vite que les autres et dépasser leur pensées, puis s’arrêter et attendre que ça passe. Il emprunte des couloirs à contre-sens pour s’extraire de la foule. Sur le quai d’une autre ligne, il finit par entendre les plaintes d’une personne en détresse. “Faut que ça s’arrête, faut que ça s’arrête, faut que ça s’arrête“. Là, Anton intervient.

Traitement

La mise en scène va droit au but. L’extraordinaire nous attend seulement au bout de l’ordinaire. J’ai à cœur que ça reste le plus simple possible. Anton n’a pas de comportement extravagant, il a beau souffrir de sa condition, il tente au mieux de se faire discret. Ce qui m’intéresse dans ce film, c’est l’évolution d’un personnage qui n’a pas les traits d’un héros à première vue, mais qui se révèle ainsi à la fin.

Pour le son, l’enjeu majeur de ce film est de créer un univers sonore riche et tridimensionnel. Pour les voix intérieures des passants, il faut considérer plusieurs choses : la direction du jeu, l’agencement ou montage, la spatialisation et la texture.
Au fil du film, on créé une progression sensible de l’environnement sonore. C’est le vecteur pour “voir” comment Anton compose avec ce don, tantôt dans la curiosité, puis le rejet absolu et enfin dans l’empathie. Le sound design et la musique converge ensemble pour brouiller les pistes du diégétique et de l’extra-diégétique.

Pour l’image, il faut illustrer cette frénésie d’un monde bruyant et s’émanciper de la linéarité temporelle pour miser davantage sur la montée en tension, grâce à un montage image qui s’emballe.

En faisant des allers retours entre plusieurs moments de collision avec la pensée des autres, on brouille la temporalité et enfonce Anton dans un labyrinthe mental duquel il peine à s’extirper.

Au fur et à mesure que la tension monte, les “faut que ça s’arrête” répétés du malheureux sont d’abord reçus par le spectateur comme une plainte d’Anton lui-même. Une voix à part, comme si on entendait enfin sa propre voix intérieure. Mais cette voix inconnue se veut insistante et bientôt Anton y prête attention, retire son casque audio et va aux devants.

Dans l’idée, je pense rester assez close up. Tout ce qui se passe est dans la tête d’Anton. Pour donner de la matière au montage frénétique, il faudra beaucoup tourner, improviser, essayer, se tromper même. Les erreurs que l’on fera seront aussi utiles au montage que les plans bien composés. Jouer avec la cadence des images (ralenti/accéléré) me semble également utile pour amener de la variation.

La musique du film : Periodo Particular – Entre dos crestas